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  le blog du café repaire de Metz

Idée initiale de Daniel Mermet dans son émission "là-bas si j'y suis", le café-repaire est un lieu de débat citoyen ; les participants, sur un thème donné, échangent des points de vue, des infos, des idées,... - - * * * * * - - À Metz, le rendez-vous est fixé chaque 6 du mois à 6 h (de l'A.M.), sauf si dimanche ou jour férié, au bar "Le Shannon", 19 avenue Robert Schuman - 1er étage, prendre sa consommation au bar. - - * * * * * - - Notre devise : "droit à la parole, devoir d'écoute" - - * * * * * - - VOUS ÊTES TOUS LES BIENVENUS !

le R.V. du mois de mai 2016

Publié le 8 Mai 2016 par leRepaire in le rendez-vous du mois

affiches en décoration - les clowns à la COP 21 - assemblée citoyenne en mairie d'Amiens - info cancer du sein - 1er mai hommage aux victimes du travail - -
affiches en décoration - les clowns à la COP 21 - assemblée citoyenne en mairie d'Amiens - info cancer du sein - 1er mai hommage aux victimes du travail - -
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affiches en décoration - les clowns à la COP 21 - assemblée citoyenne en mairie d'Amiens - info cancer du sein - 1er mai hommage aux victimes du travail - -

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Ce rendez-vous du 6 mai était un peu spécial : nous avons célébré les 10 ans du café repaire.

La salle décorée de la centaine d'affiches créées depuis le 6 mai 2006 afin d'annoncer les différents débats mensuels (voir photo) a vu se retrouver les quatre animateurs qui se sont succédés pendant cette décennie.

Émotions, embrassades, souvenirs partagés,..... des échanges très chaleureux auxquels les participants ont largement contribué. Merci à eux.

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Le débat fut donc un peu écourté, tout en étant des plus intéressants.

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Thème : comment militer autrement ?

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Un tour de parole permet de mettre en valeur ce que chacun, à son niveau, fait afin d'agir pour ce qui lui tient à cœur.

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Quelqu'un raconte sa participation à une action du 1er mai dernier consistant à «semer des petites graines» dans l'esprit des 10 000 participantes à la marche «la Messine» censée faire «bouger contre le cancer du sein» - les femmes sont sous-informées sur le problème du dépistage systématique présentant des risques et alors que la logique voudrait que les pouvoirs publics et la société civile fassent des efforts dans la lutte contre les CAUSES du cancer, elles paient pour la Recherche que des labos pharmaceutiques, avec leurs milliards de bénéfices, ont largement les moyens de financer et, la campagne d'information sur ce cancer ayant lieu en octobre, sont inconsciemment associées au détournement de la journée des travailleurs dont les droits sont mis en péril.

Un petit groupe de femmes a ainsi distribué des tracts informatifs et brandi une banderole bien visible au niveau du départ des groupes de coureuses (photo). Elles ont été plutôt bien accueillies et certaines femmes sont même venues pour s'informer plus précisément.

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Une autre personne présente se souvient alors n'avoir pas hésité, lors du marathon ayant lieu en octobre à Metz, à se poster bien en vue avec un panneau dénonçant les dangers du nucléaire... en s'appuyant sur la confusion possible entre AREVA, multinationale liée au nucléaire, et la marque ARÉNA, spécialiste d'articles de sport.

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Deux des participants faisant partie de la BAC, Brigade Activiste des Clowns, racontent leurs actions lors de la COP21. Ils privilégient l'humour dans l'activisme car ils pensent qu'il permet de faire plus facilement passer des messages et aide à l'évolution des mentalités sans le choc de la violence.

Ce qu'ils ont fait à Paris, résultat d'une bonne organisation et d'un long travail de préparation, [ajouté à toutes les autres actions de la «société civile» et malgré les freins nombreux et étouffants mis en place par «l'état d'urgence» instauré après les attentats du 13 novembre], a eu le mérite de montrer, démontrer, prouver que les citoyens sont tout à fait conscients de l'urgence environnementale et ne sont pas dupes de l'hypocrisie des «mesures» prises pour lutter contre le réchauffement climatique.

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=Z5tH77ySwKc des officiels pathétiques avec leurs discours dérisoires face à des clowns soulignant de façon humoristique le ridicule de la situation (photo)

https://www.youtube.com/watch?v=wUrhM1Ig_8I

https://www.youtube.com/watch?v=MroLuZQ5Q_Q

Une action pour faire prendre conscience des dangers des déchets nucléaires qu'on ne voit pas dans cette vidéo : proposer aux passants d'en déposer quelques tonnes chez eux, par exemple dans leur piscine, sachant qu'une combinaison de plomb est offerte ainsi qu'un stock de pastilles d'iode. (oui, AREVA est généreux.) ;-)

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Une autre personne témoigne de ce qui s'est passé à Amiens à la fin de la manifestation du 28 avril contre le projet de loi «travail» - un groupe de plusieurs centaines de manifestants est allé occuper la mairie de la ville, bâtiment public s'il en est.

C'était bien une façon peu habituelle de manifester son désir de vraie démocratie. Ils ont alors tenu une assemblée générale où chacun avait le droit de s'exprimer.

Le maire et un élu sont alors arrivés et ont voulu intervenir sans respecter les codes de bon fonctionnement de prise de parole (on lève la main, on attend son tour, on ne parle pas plus de 3 min) – les participants à cette assemblée ont donc logiquement et très justement refusé de les entendre.

Les C.R.S. sont venus les déloger sans guère de ménagement. Des citoyens non violents et non casseurs n'ont donc pas le droit de tenir un conseil au sein de la mairie de leur ville, LEUR mairie.

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=UgHCui9utHk (photo)

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Au tour d'un des membres du Mouvement Français pour le Revenu De Base d'intervenir pour faire part des actions afin de faire connaître le principe du Revenu de Base au plus grand nombre : conférences, débats, articles, …

Après plusieurs années, ces efforts portent leurs fruits : le revenu de base fait bien partie du débat public maintenant et dans plusieurs pays.

Un des participants signale que certains lui préfèrent le concept de «salaire à vie» défendu par Bernard Friot craignant que le revenu de base, qui commence à être envisagé par certains élus de droite, ne soit un prétexte pour mette à mal certains acquis sociaux, en particulier la Sécurité Sociale.

C'est un des problèmes de la gauche : sa «pureté idéologique», son intransigeance, son refus du compromis lui font préférer le «tout ou rien» - le salaire à vie combat le capitalisme, il est donc défendu envers et contre tout – et là, hélas ! c'est contre le revenu de base qui, moins compliqué à mettre en place, pourrait pourtant servir de marchepied, être une éventuelle première étape allant vers l'adoption du salaire à vie... en tout cas, ne pas être un obstacle.

Résultat : seulement porté par la droite, le revenu de base risque d'être dénaturé et transformé en un pitoyable RSA inconditionnel loin de son but premier : être un réel revenu de vie.

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Contente, la gauche ? Grâce à vous, il risque de ne pas y avoir de revenu de base digne de ce nom et ce n'est pas pour autant qu'il y aura un salaire à vie !

Il y a pourtant encore moyen de ne pas laisser dénaturé l'aspect social du revenu de base : en le défendant, en soutenant ceux qui agissent pour le défendre, en combattant ce que veulent en faire les élus de droite.

Il n'est pas trop tard : voyez ces élus qui veulent imposer du travail bénévole aux bénéficiaires du RSA, ils rejettent donc le principe d'inconditionnalité d'un revenu ; voyez cet élu qui propose d'obliger les prisonniers à verser une sorte de «loyer», agacés de les savoir «nourris et logés» gratuitement (ce à quoi quelqu'un a répondu «et si ils ne paient pas, on les fout dehors ?».

[Quant à la disparition des acquis sociaux, ce à quoi nous assistons depuis des décennies prouve qu'il n'est nul besoin du prétexte du revenu de base pour cela – concernant plus spécifiquement la sécurité sociale, cela fait des années que Ambroise Croizat se retourne dans sa tombe : baisse des cotisations sociales des patrons, déremboursement des médicaments dont certains ne sont pas seulement dits «de confort», obligation d'adhérer à des mutuelles pour les employés de certaines entreprises, proposition de ne pas assumer les soins trop coûteux pour certaines personnes atteintes de cancer, complaisance envers les labos pharmaceutiques en les laissant appliquer des prix prohibitifs, «désorganisation organisée» du service «Assurance maladie» en pressurant les employés, par exemple, .... ]

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Un autre participant milite au sein de RESF qui défend les sans papiers - il fait partie également d'une troupe produisant une pièce sur Karl Marx.

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Quelqu'un, «décroissant» convaincu, déclare ne pas «militer» pour cette cause, mais seulement s'efforcer de vivre en accord avec cette idée.

Cette façon d'agir par l'exemple donne également des résultats : ce concept s'amplifie au sein de notre société rattrapée par les effets néfastes de la «sainte croissance».

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Il est vrai que le terme «militer» ou «militant» ne me convient pas, déclare une autre personne, cela fait penser à l'armée, aux militaires - «activiste» est préférable ou «agissant», ou «réagissant», ou «rugissant» (quand on est en colère).... «résistant» ? Le gouvernement, collabo du néo-libéralisme, traite les acteurs de la société civile comme des terroristes – oui, pourquoi pas «résistant» ?

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Un des membres de ATTAC parle des actions contre la fraude fiscale organisées par cette association : rassemblement devant des banques, «confiscation» de chaises lors de la COP 21 qui ont fini par être spectaculairement restituées lors du «procès» de Cahuzac pour fraude fiscale.

ATTAC fait également beaucoup dans le domaine de l'éducation populaire en organisant des conférences et en véhiculant des informations par tous les moyens.

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Ce que font également les collectifs «stop TAFTA» : kiosques d'infos, distribution de tracts, débats, …

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Les syndicats, les partis politiques que font-ils à part des discours (dont certains sont des copier-coller de ceux qu'on pouvait entendre dans les années 60), faire mine de taper du poing sur la table et organiser des manifestations «pépères» en accord avec les préfectures ?

Que pensent-ils des acteurs de la société civile qui s'avèrent obtenir, en fin de compte, plus de résultats pouvant faire évoluer la société ?

Les soutiennent-ils ?

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Une personne témoigne de l'absence totale de réaction de syndicat lorsqu'elle propose de rendre hommage aux victimes du travail chaque 1er mai, journée des travailleurs, comme on rend hommage aux victimes de la guerre chaque 11 novembre.

Depuis 2011, chaque 1er mai, elle dépose un bouquet au pied du monument aux morts avec la mention «aux victimes du travail» dans l'espoir de voir cette initiative devenir une tradition dénonçant la violence insupportable faite aux travailleurs.

L'année dernière, cette cérémonie a eu lieu dans une autre ville – et cette année, dans deux autres villes (voir photo).

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Quelqu'un souligne qu'en effet, les participants aux «Nuits Debout» espèrent des syndicats d'autres actions que l'organisation de manifestations «classiques»... les réactions syndicales se font attendre.

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Sans une coopération entre syndicats et partis politiques dits d'opposition d'un côté et acteurs de la société civile, citoyens éveillés de l'autre, les choses vont mettre du temps à évoluer dans le bon sens.

Il est à craindre que la violence soit nécessaire pour en finir avec ce système qui détruit la vie, tout simplement.

Les associations citoyennes, ignorées sciemment par les grands médias, sont invisibles du grand public.

Les vecteurs d'infos alternatives sont marginalisés (voir le journal NJJ à Nancy, objet d'attaques de la part la Justice pour de simples affichages).

Nos libertés s'amenuisent.

La population subit des matraquages d'abrutissement bien efficaces (émissions télévisées débiles, jeux vidéos, infos sur les «people» occupant l'espace médiatique, ...).

Une personne souligne que les habitants de certains quartiers n'en sortent jamais, n'ont pas d'autre horizon que les commerces de proximité et les relations de voisinage – pas d'accès à la culture, aux cultures (jardinage, espaces verts, expositions, arts, …). Cette pauvreté de l'esprit est également préoccupante.

Les acteurs de la société civile ont donc un rôle essentiel.

On ne sait ce que deviendra le mouvement «nuit debout», mais comme celui des indignés de 2011/2012, il en restera quelque chose.

Quelqu'un rappelle que c'est dans l'écotone, partie étroite entre les forêts et les prairies/champs, que l'on trouve le plus de richesse de biodiversité. Les citoyens éveillés sont l'écotone de notre société.

Des petites graines riches de diversités et d'originalités sont semées et certaines finiront par pousser un jour ou l'autre.

Le café repaire, lieu de débat citoyen dont la devise est «droit à la parole, devoir d'écoute» participe du mieux possible à ces semailles.

Sur cette note d'espoir, tout le monde s'affaire à la mise en place de l'auberge espagnole : joyeux anniversaire, le café repaire !

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Rendez-vous le mois prochain !

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