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  le blog du café repaire de Metz

Idée initiale de Daniel Mermet dans son émission "là-bas si j'y suis", le café-repaire est un lieu de débat citoyen ; les participants, sur un thème donné, échangent des points de vue, des infos, des idées,... - - * * * * * - - À Metz, le rendez-vous est fixé chaque 6 du mois à 6 h (de l'A.M.), sauf si dimanche ou jour férié, au bar "Le Shannon", 19 avenue Robert Schuman - 1er étage, prendre sa consommation au bar. - - * * * * * - - Notre devise : "droit à la parole, devoir d'écoute" - - * * * * * - - VOUS ÊTES TOUS LES BIENVENUS !

le R.V. du mois de novembre 2015

Publié le 8 Novembre 2015 par leRepaire in le rendez-vous du mois

Actions du mouvement BASTA en 2014 : banderolle déployée sur le monument aux morts, rues et statues débaptisées, chants pacifistes pendant la cérémonie officielle du 11 novembre.

Actions du mouvement BASTA en 2014 : banderolle déployée sur le monument aux morts, rues et statues débaptisées, chants pacifistes pendant la cérémonie officielle du 11 novembre.

Thème : centenaire de la 1ère guerre mondiale – pourquoi le pacifisme est-il quasi toujours absent des discours officiels ?

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Débat de qualité de par les interventions intéressantes des participants.

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Il y a un siècle, tout le monde avait compris que la guerre commencée en septembre 2014 ne serait pas aussi courte qu'on avait pu d'abord le penser. Une sorte de routine s'était installée : les soldats, essentiellement des ouvriers et de paysans, se faisaient massacrer sur le front pendant qu'à l'arrière «ceux de la haute faisaient la noce» selon l'expression de l'époque.

«Plus jamais ça» - «La der des der» diraient ceux qu'on allait surnommer les poilus.

Cela est-il mis en avant dans les discours officiels prononcés un siècle plus tard et censés rendre hommage aux victimes de cette boucherie ?

Il est évident que non. Certains de ces discours semblent même être un copier-coller de l'époque comme s'il fallait encore «romantiquement» (?) magnifier celui qui mourait «glorieusement» en défendant la patrie, comme s'il fallait encore attiser la haine de l'ennemi – c'est à peine si le mot «boche» est évité.

La différence, c'est que nous savons maintenant que cette guerre a été très profitable aux «marchands de canons» - la différence, c'est que nous savons maintenant que le quotidien des poilus n'avait rien de romantique – la différence, c'est que nous savons maintenant qu'il n'y a rien de glorieux à risquer sa vie dans la boue, infesté de poux et de vermine, la peur au ventre pour le profit «de ceux de la haute» indifférents aux souffrances de ceux grâce à qui ils ont les moyens de «faire la noce».

Alors ? Pourquoi les politiques de maintenant infantilisent et manipulent encore la population comme le faisaient ceux d'il y a un siècle ? Et pourquoi la population ne proteste pas devant tant de «désinformations» et, disons-le, d'indécence ?

Voir cette vidéo où Pierre Desproges reprend une chanson de l'époque, preuve de la volonté d'infantilisation de la population : https://www.youtube.com/watch?v=R-X46XwhvPA

Parce que le contexte a changé propose quelqu'un – les guerres se passent ailleurs, bien plus loin, elles ressemblent à un jeu vidéo et, surtout, elles se sont «professionnalisées» ; la population ne se sent donc plus directement concernée. Il n'est plus question de «mobilisation générale» comme au siècle dernier.

Par ailleurs, ceux, élus, militaires, qui procèdent aux commémorations sont donc en quelque sorte «payés» pour le faire ; la mémoire est confisquée par l'armée devenue maintenant exclusivement professionnelle – les cérémonies en hommage aux déportés sont souvent encadrées par la gendarmerie, entité qui a participé, par exemple, à la rafle du vél d'hiv lors de la deuxième guerre mondiale...

[Quelques secondes de silence.... ça laisse songeur, n'est-ce-pas ?]

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De nos jours, il existe ce qu'on peut appeler une «novlangue» pour parler de la guerre – il est, par exemple, question de «frappes chirurgicales», terme qui rassure, alors que les victimes des guerres maintenant sont, pourtant, majoritairement civiles (les rapports se sont inversés : 80 % de soldats pour 20% de civils parmi les tués de la guerre au siècle dernier) – ce qui se passe en Syrie est décrit comme une «crise» à gérer (alors que c'est une guerre civile).

La mémoire, également, est orientée, témoigne une personne, qui a visité le mémorial de Schirmeck concernant les trois guerres entre la France et la Prusse, puis l'Allemagne.

http://www.memorial-alsace-moselle.com/f/index2.html

La visite n'aide pas à développer un esprit critique. Ses professeurs d'histoire l'avaient aidée à s'ouvrir l'esprit, se souvient-elle.

Voir cet article d'un professeur : http://rue89.nouvelobs.com/2008/11/11/11-novembre-lecole-devrait-honorer-la-paix-pas-la-guerre

Maintenant, l'histoire est le parent pauvre de l'éducation nationale, souligne quelqu'un.

Il existe d'autres sources d'information.

Oui, mais, si il s'agit d'émissions de télévision telle que «secrets d'histoire»... [sourires entendus]

Il y a la famille, son entourage, internet,...

Peut-être, mais, tout est fait pour que, dès le plus jeune âge, on digère sans se questionner ce que l'on nous fait ingurgiter ; l'éducation nationale n'est pas seule en cause, évidemment, il y a les médias, les émissions de télévision,...

L'esprit de rébellion est étouffé dans l'œuf. Voir : http://www.mieux-vivre-autrement.com/leducation-nationale-ou-apprentissage-de-la-soumission.html

Une personne nous amène alors à parler des «fusillés pour l'exemple». Le collectif «la libre pensée» dont elle est membre milite depuis des années pour leur réhabilitation.

Il s'agit de soldats fusillés afin de décourage les mutineries (nombreuses en 1917), les refus d'obéissance, … (certains de ces fusillés ont été tirés au sort : voir ce document : http://www.cndp.fr/fileadmin/user_upload/POUR_MEMOIRE/fusilles/120106_PM-fusilles-grande-guerre.pdf).

Les mutins étaient plus souvent des paysans. Ces derniers avaient-ils un esprit plus indépendant ?

Leur refus de participer à la boucherie était qualifié de lâcheté... pourtant, ils savaient qu'ils risquaient la peine de mort. Où est le courage ? Aller sans broncher au devant d'une mort certaine comme un mouton à l'abattoir ou s'insurger et mourir debout comme un être humain qui refuse qu'on lui dicte des actes avec lesquels il n'est pas d'accord ?

Et pourquoi est-il si difficile de faire réhabiliter ces fusillés ? Ce n'est pourtant que la réparation d'une injustice encore douloureusement ressentie par les familles de ces soldats...encore un exemple du décalage entre les élus et la population.

Ce décalage s'explique par une forme de «clientélisme» suggère quelqu'un - il est des entités que les politiques préfèrent ne pas se mettre à dos. Les intérêts de ces derniers et ceux des populations sont souvent inconciliables. Les enjeux économiques passent trop souvent avant l'intérêt de la population.

L'esprit de rébellion s'est traduit également dans la fraternisation entre soldats «ennemis» - leurs souffrances étaient équivalentes, ils avaient le même ressenti, le même vécu, il est compréhensible que cela les rapproche. L'exemple de la nuit de Noël 1915 est bien connu. Les états-majors des deux camps ont veillé à ce que cela ne se reproduise plus.

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Que faire pour éviter les conflits ?

Une nouvelle guerre entre la France et l'Allemagne paraît impossible déclare quelqu'un. Des liens se sont créés entre les peuples d'Europe (avec ERASMUS notamment).

Cependant, il est facile de faire basculer les mentalités répond une autre personne. Il faut se souvenir de ce qui s'est passé en Yougoslavie où des voisins qui s'entendaient bien en sont arrivés à s'entre-tuer.

Nous devrions toujours avoir le passé à l'esprit et tenir compte des leçons de l'histoire.

Connaître l'histoire pour ne pas la revivre. Pourtant, «l'homme trébuche vingt fois sur le même caillou»(1) et ce que l'on n'a pas vécu dans sa chair ne sert pas d'expérience.

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Contrairement à ce que l'on pourrait croire (ou à ce que l'on nous fait croire?), il n'est pas dans la nature de l'Homme d'être en conflit perpétuel. Voir ce débat sur France 2 : https://www.youtube.com/watch?v=144xKbgv8iI

Ceux qui visitent des sites archéologiques tel celui de Bliesbruck Reinheim (http://www.archeo57.com/index.php) peuvent constater que les populations du lieu ont vécu plus de trois siècles en paix.

Et oui, c'est possible !

Alors, avant de faire la guerre, faisons la paix puisque cela finit toujours comme ça tôt ou tard.

En même temps, rétorque quelqu'un, si on avait réagi tout de suite aux provocations de Hitler, on aurait pu peut-être éviter toutes les horreurs qui ont suivi.

Euh...

La question reste posée : le pacifisme, la non-violence, jusqu'où ?

Juste avant de terminer la séance avec des annonces d'événements, de manifestations, réunions, etc... pouvant intéresser le plus grand nombre, une des participantes dit quelques mots d'un fait peu connu de la guerre de 14-18 : la France a «acheté» des pions... pardon, des soldats russes en échange d'armes. Autrement dit : je te donne des canons dont tu manques si tu me donnes de la chair à canon dont je manque. On constate le peu de cas de la vie humaine dans de telles tractations.

Voir plus de détails là :

http://www.lacourtine1917.org/IMG/pdf/communication_de_denis_martin_colloque_dans_l_yonne_2013.pdf

Certains de ces soldats ont été massacrés au camp de Courtine par l'armée française après la révolution russe. ...

MAUDITE SOIT LA GUERRE !

(1) phrase prononcée par José Mujica, ex-président de l'Uruguay dans le film «Human» :

https://www.youtube.com/watch?v=myzYPjLiieI

illustration de l'affiche du mois de novembre

illustration de l'affiche du mois de novembre

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