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  le blog du café repaire de Metz

Idée initiale de Daniel Mermet dans son émission "là-bas si j'y suis", le café-repaire est un lieu de débat citoyen ; les participants, sur un thème donné, échangent des points de vue, des infos, des idées,... - - * * * * * - - À Metz, le rendez-vous est fixé chaque 6 du mois à 6 h (de l'A.M.), sauf si dimanche ou jour férié, au bar "Le Shannon", 19 avenue Robert Schuman - 1er étage, prendre sa consommation au bar. - - * * * * * - - Notre devise : "droit à la parole, devoir d'écoute" - - * * * * * - - VOUS ÊTES TOUS LES BIENVENUS !

Le R.V. du mois d'octobre 2015

Publié le 8 Octobre 2015 par leRepaire in le rendez-vous du mois

illustration de l'affiche d'octobre 2015

illustration de l'affiche d'octobre 2015

La gratuité des bus.

Synthèse du débat.

Avant que le débat commence, le patron du bar déclare être intéressé par le thème annoncé ; il a récemment participé à une réunion des commerçants de la ville qui s'inquiètent de la décision de la mairie d'interdire aux voitures de se garer près du marché couvert. Cela risque de générer encore une baisse de fréquentation de la clientèle. Alors, sachant que cela attirerait des personnes au centre-ville et même si une participation financière supplémentaire leur serait demandée, les commerçants sont favorables à la gratuité des bus.

Pour lancer le débat, il est demandé aux participants ce qu'ils pensent du concept de gratuité des transports en commun.

Petit flottement, puis une personne lève le doigt pour indiquer que dans la ville de Caen, qui pratique donc cette gratuité, le seul bémol signalé était que les habitants, préférant le confort des bus même pour de petits trajets, faisaient de moins en moins de marche à pied.

Quelqu'un répond qu'on monte également de moins en moins d'escaliers grâce ou à cause des escalators ; c'est à chacun de faire un choix, quotidien ou ponctuel : faire de l'exercice ou pas.

Le vélo est également une excellente alternative.

Un autre inconvénient constaté : les bus sont souvent bondés, essentiellement aux heures de pointe, évidemment. Inconvénient rarement évitable, même sans la gratuité, convenons-en.

Mais... la validation des tickets et des abonnements est un moyen efficace de faire des statistiques qui, justement, servent à évaluer le nombre de passagers, les lignes les plus fréquentées, les horaires les plus pratiqués, les arrêts les plus demandés,... tout cela afin de gérer au mieux le flux des voyageurs. Comment font les villes ayant adopté la gratuité pour obtenir ces statistiques nécessaires à une bonne gestion ? Personne n'a pu répondre à cette question. Il serait intéressant de se renseigner auprès d'une de ces villes.

Attirer plus de monde dans le centre-ville dans le but de croître la clientèle des magasins, n'est-il pas vain alors que le surplus de chômeurs, de travailleurs précaires ou/et au salaire insuffisant ne favorisera pas l'augmentation des achats ; par ailleurs, est-ce bien raisonnable de vouloir pousser à la consommation alors que l'on constate chaque jour les conséquences désastreuses de notre façon de vivre et le gaspillage honteux qu'elle génère ?

La gratuité des bus ne sera pas utile qu'aux commerçants, elle diminuera drastiquement les frais des travailleurs obligés de prendre le bus pour se rendre à leur travail, de ceux ayant des démarches administratives à effectuer, … et la plupart de ceux qui prennent actuellement leur voiture feront certainement volontiers le choix de la laisser au garage et ça, c'est très important pour limiter la pollution urbaine.

Un seul exemple le prouvant : pendant tout le temps que dure la grande foire exposition annuelle, les navettes qui la desservent sont largement préférées aux voitures.

Moins de voitures en ville et l'air devient plus respirable et plus sain. C'est probablement l'argument le plus sensé, le plus évident et le plus légitime à mettre en avant. D'ailleurs, à chaque pic de pollution, il est maintenant habituel de libérer l'usage des bus en rendant les machines à valider inopérantes pendant quelques heures, voire une journée.

Une personne fait remarquer que les voyageurs n'utilisent pas le bus seulement pour se rendre au centre-ville, ils ont également besoin de rejoindre la périphérie – là où, par exemple, sont maintenant situés les hôpitaux dont les parkings sont scandaleusement payants.

On parle de gratuité dit un autre participant, mais rien n'est gratuit, en réalité. Il faut bien que quelqu'un paie.

En effet.

Cependant, il faut savoir que la part financière représentée par le paiement de tickets ou d'abonnements s'élève à un pourcentage plutôt faible évalué à environ 16% (* voir précisions apportées par un membre du mouvement BASTA! à la suite de l'article).

Ce qui veut dire que déjà plus de 80 % du financement est assuré par les impôts, les commerçants,... de plus, les frais de billetterie, les appareils de validation, .... tout cela, rendu inutile, amoindrira notablement le montant des dépenses.

Si c'est le cas, s'étonne quelqu'un, pourquoi n'est-ce pas déjà gratis ?

Parce que le réseau de bus de l'agglomération messine est gérée par une entreprise privée Kéolis qui veut sa part de profits.

La campagne menée notamment par le mouvement citoyen BASTA concernant la gratuité des bus a d'abord pour but de convaincre l'opinion publique que c'est faisable pour ensuite inciter les élus à ne pas reconduire le contrat signé avec cette entreprise lorsqu'il arrivera à échéance.

Ce qui peut faire hésiter les pouvoirs publics, rétorque quelqu'un, c'est qu'alors les personnels auraient le statut de fonctionnaire qu'il est très difficile de licencier.

Le statut de fonctionnaire tend à disparaître souligne une autre personne ; même si certains semblent s'en réjouir, ceux travaillant dans le privé n'en tireront aucun avantage... et pourquoi y aurait-il besoin de licencier dans un secteur plutôt en expansion ?

D'autre part, cet argument est paradoxal dans le contexte actuel où les élus disent vouloir faire une priorité de la lutte contre le chômage.

À plus ou moins long terme, il est dans les objectifs de Kéolis de réduire le nombre de personnels, le nombre de lignes, le nombre de voyages par jour,.... toujours dans l'optique de plus de profit, sans vraiment prendre en compte les besoins et les souhaits des voyageurs.

Les usagers d'un service public (= «au service du public») sont devenus les clients d'une entreprise privée indifférente à tout aspect social et seulement préoccupée par les bénéfices ; le principe d'égalité faisant partie de la devise de la République lui importe peu.

Pourtant, le droit pour chacun de se déplacer est inscrit dans la déclaration des Droits de l'Homme :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_europ%C3%A9enne_des_droits_de_l'homme#Protocole_no.C2.A04_:_emprisonnement_civil.2C_d.C3.A9placements.2C_expulsion

Cette affirmation, une découverte pour certains, conclut le débat.

Avant d'annoncer, comme à l'habitude, des manifestations, conférences, ou autres informations à noter dans les agendas, des participants, membres du collectif BAH, en exposent les objectifs : promouvoir l'art contemporain en organisant des événements festifs et en éditant tous les deux mois une revue gratuite. Voici leur page Facebook : https://www.facebook.com/bah.la.revue

Rendez-vous au prochain café-repaire !

Précisions apportées par un membre de BASTA! :

À partir des chiffres fournis par le "Budget annexe Transports de l'Agglomération Metz-Métropole 2014" publié dans le "Metz-Métropole le Mag" de mars 2014, dans la rubrique «recettes», nous avons : billetterie/abonnements 16%.

Pourtant, de manière péremptoire, Marie-Anne Isler-Beguin a déclaré en juin 2015, lors d'une de nos actions : "c'est fantaisiste ces 16%, en fait c'est 30%!".

Nous avons demandé fin juin le "budget annexe TAMM 2015" qui n'était pas rendu public à cette date. Pas de réponse.

Le 1er septembre, nous avons relancé M-A Isler-Beguin.

Sans réponse de sa part, nouvelle relance le 30 septembre dernier et réponse: "nous sommes dans l'incapacité de vous fournir ce document, la synthèse n'étant pas encore faite".

Alors, ou elle dit vrai, et c'est assez grave car l'agglo est sans budget transports. Ou c'est faux et elle fait de la rétention d'infos.

La question continue donc d'être posée:

"d'où sort le chiffre de 30% que l'on ne trouve nulle part ?"

Ce qui a amené un journaliste du RL à écrire en juin: " Basta! dit 16%, Metz-Agglo dit 30%, il faudrait être économiste à Berkeley pour y voir clair".

Si Marie-Anne Isler-Beguin voulait noyer le poisson, elle y est parvenue... provisoirement, car nous ne lâcherons pas l'affaire.

La gratuité est possible. La planète chauffe, la gratuité est nécessaire!

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miha 09/11/2015 17:37

12 octobre, lors de l'étape à Metz de la marche contre l'austérité, une action "gratuité des bus" :
http://www.films.vo2max.com.fr/30-basta_bus.php

miha 01/11/2015 22:42

encore une autre ville qui va s'y mettre :
http://carfree.fr/index.php/2015/10/30/la-gratuite-des-transports-en-commun-progresse-en-france/

Quentin 13/10/2015 11:42

Effectivement la gratuité des Bus serait vraiment un plus pour la ville de Metz, surtout pour les trajets vers le centre ville depuis la périphérie (montigny-les-metz, longeville-les-metz etc).
Le tarif des parkings empêchent toute une tranche de la population de se permettre d'y passer la journée, sans stresser pour l'horodateur ou le prix du parking souterrain qui risque de représenter la moitié du budget de la journée qui ne sera pas dépensé dans les boutiques de la ville. Pareillement, des tickets pour toute une famille, sur l'aller-retour ça grimpe vite!

miha 17/10/2015 18:48

Exact - Je viens d'apprendre que Dunkerque, ville comparable à Metz en terme d'importance, va mettre en place la gratuité des bus à partir de 2018 et a déjà commencé à l'appliquer les week-ends.
Voir cet article :
http://carfree.fr/index.php/2015/04/22/dunkerque-vers-un-reseau-de-bus-plus-rapide-plus-efficace-et-gratuit/