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  le blog du café repaire de Metz

Idée initiale de Daniel Mermet dans son émission "là-bas si j'y suis", le café-repaire est un lieu de débat citoyen ; les participants, sur un thème donné, échangent des points de vue, des infos, des idées,... - - * * * * * - - À Metz, le rendez-vous est fixé chaque 6 du mois à 6 h (de l'A.M.), sauf si dimanche ou jour férié, au bar "Le Shannon", 19 avenue Robert Schuman - 1er étage, prendre sa consommation au bar. - - * * * * * - - Notre devise : "droit à la parole, devoir d'écoute" - - * * * * * - - VOUS ÊTES TOUS LES BIENVENUS !

Compte rendu du débat le revenu de base: une Utopie?

Publié le 12 Mai 2015 par leRepaire

~~Les amis de là-bas si j'y suis à Metz - Café-repaire du 6 mai 2015 (le bar "le Shanon" étant exceptionnellement fermé, le débat a eu lieu au bar "Carol'An", à deux pas) -

Thème : "Le Revenu de base : utopie ?"

Plusieurs membres du MFRB, Mouvement Français du Revenu de Base, sont présents. L'un d'eux donne une brève définition de ce que l'on entend par "revenu de base" qui doit répondre à trois critères : Il est UNIVERSEL (tout le monde le reçoit de sa naissance à sa mort) - Il est INDIVIDUEL (accordé à chaque personne, quelle que soit la composition du foyer familial) - Il est INCONDITIONNEL (sans condition de ressources, ni obligation de fournir un travail ou chercher un emploi).

Lien : http://revenudebase.info/

Certains des participants expriment, non pas des réticences car l'idée d'un revenu de base est plutôt séduisante, mais des craintes :

- un revenu de base additionné à un salaire ne finirait-il pas par avoir pour conséquence une augmentation du coût de la vie, induisant paradoxalement une baisse du pouvoir d'achat ? Réponses : La dette fait plus sûrement perdre du pouvoir d'achat (politiques d'austérité diminuant la protection sociale) ; l'inflation est encore plus nocive pour le capital que pour les salariés ; en cas de cumul RdB et salaire, l'impôt sur le salaire fera l'équilibre.

- L'idéologie du capitalisme peut faire du RdB un moyen pervers de prospérer, notamment en incitant à encore plus de consommation ; d'ailleurs, certaines personnalités de droite libérale et certains membres du MEDEF ne sont pas contre : cela peut nous inciter à la méfiance. Réponses : c'est vrai que certains patrons verraient d'un bon œil la possibilité d'accroître le nombre de postes à mi-temps (= presque autant de productivité qu'un poste à temps plein pour moins de salaire), ne pas oublier, cependant, que cela donnerait également plus de liberté aux salariés de choisir un employeur moins "exploiteur" ou/et un emploi plus en adéquation avec leurs aspirations... les rapports employeur/employé seront transformés [et tant mieux si le RdB a un quelconque intérêt pour le patronat car il sera ainsi moins difficile de le voir mis en œuvre] ; en ce qui concerne l'éventuelle augmentation de la consommation, il est, c'est vrai, souhaitable que les mentalités évoluent vers plus de bon sens, plus de responsabilisation individuelle et collective, ... nous n'aurons tôt ou tard plus d'autre choix, notre façon de vivre actuelle n'étant pas tenable encore longtemps.

- quel est l'intérêt de donner un RdB quand on a un salaire ? Réponses : parce qu'il est inconditionnel et universel ; c'est un filet de protection qui éradique la crainte du chômage et continuer à se sentir membre à part entière de la société, même quand on n'a plus d'emploi ; le RdB permet également de moins hésiter de quitter un emploi qui ne correspond plus ou pas à ce qu'on est en droit d'attendre.

~~Il faut savoir que le plein emploi n'existe plus et ne reviendra plus. [C'est d'ailleurs un progrès que des machines effectuent à notre place ce qui est pénible ou/et répététif, n'est-ce-pas ?] Alors, plus qu'une répartition des richesses, car, ne pas l'oublier, les riches y auront également droit, le revenu de base peut être avant tout considéré comme étant LA protection sociale pour tous.

Son inconditionnalité permet de supprimer le "flicage", les soupçons de fraude, les accusations d'assistanat, les difficultés administratives parfois insurmontables.... donc, une certaine liberté et une liberté certaine. C'est une façon de faire confiance, de traiter chaque citoyen en adulte capable de gérer sa vie et son implication dans la société. Mais alors... les enfants ? Et ceux qui sont incapables mentalement de se prendre en mains ? Il n'y aura rien de changé : les enfants sont sous la responsabilité de leurs parents, les personnes mentalement vulnérables sont sous curatelle...

Et inconditionnalité jusqu'où ? Il sera réservé aux résidents français ou destiné à tous les résidents en France sans distinction de nationalité ? Si oui, résidents depuis combien de temps ? Et quitter le territoire pendant un certain temps fera qu'on n'y aurait plus droit ? Ces questions-là restent ouvertes.

La conséquence de la fin du plein emploi s'avère être la baisse des cotisations basées sur le salariat, baisse à laquelle s'ajoutent les diminutions des cotisations patronales successivement accordées par l'état. D'autres façons de financer la protection sociale doivent être imaginées.

Plusieurs pistes sont proposées : taxer la consommation = plus de TVA (c'est un impôt injuste qui, proportionnellement, est plus lourd à supporter pour les pauvres, objecte quelqu'un)

- un impôt plus important sur les autres revenus que celui de base = systématiquement 40 % sur les salaires, par exemple.... (sans évolution proportionnelle ? s'inquiète quelqu'un [un impôt de 40 % sur un salaire de 1 000 euros ne laisse plus que 600 euros disponible, alors qu'un impôt de 40% sur un salaire de 10 000 euros laisse encore 6 000 euros disponible, ce n'est pas très équitable]) - taxe Tobin sur les échanges boursiers et bancaires... sauf que, en matière de fiscalité, un état membre de l'UE ne peut pas prendre une telle décision unilatéralement [dommage car, là, il n'y avait pas d'objection].

La question du financement est-elle si importante quand on sait que la mise en place du revenu de base est d'abord et surtout une volonté politique ? Il faut tenir compte également du fait qu'une bonne partie du financement du revenu de base viendra de la suppression d'autres allocations actuelles qui n'auront plus lieu d'être (RSA, allocations chômage, ...). Plusieurs variantes du revenu de base existent. Ainsi, Bernard Friot prône un salaire à vie.

Voici une vidéo de 10 minutes qui résume son raisonnement :

https://www.youtube.com/watch?v=cjL1MuE5wpI

Le parti pour la décroissance, lui, propose une "dotation inconditionnelle d'autonomie"

- une des spécificités de cette dotation : "La DIA ne sera pas que monétaire mais devra également être la mise à disposition de services et de matériels pour bien vivre. Cela suppose que les collectivités reprennent à nouveau certains services publics comme l’eau, le gaz, l’électricité ou les transports afin d’étendre la sphère de gratuité."

Extrait de cet article : http://www.partipourladecroissance.net/?page_id=6993

Un des participants, quant à lui, œuvre activement à l'acceptation par les politiciens de l'idée du revenu de base via le projet de la création d'une coopérative politique "Solidaires" afin d'être prêts pour les élections de 2017... reste deux ans pour y arriver - Proposition : un revenu mensuel de 800 euros pour chacun de la naissance à la mort, payable à partir de 18 ans (toutes les mensualités de 0 à 18 ans versés en une fois à la majorité = égalité des chances pour préparer son avenir).

~~Des expérimentations de revenu de base existent. Une des plus intéressantes concerne la Namibie.

Voir :

http://revenudebase.info/2012/06/02/quand-la-realite-devance-lutopie/

puis : http://revenudebase.info/2012/09/06/experimentation-namibienne-revenu-de-base-difficultes/

et :

http://revenudebase.info/2015/03/25/namibie-pionnier-ministere-lutte-contre-la-pauvrete/

http://lagazettedegouzy.fr/

Comment parvenir à imposer la mise en place du revenu de base ? D'abord, en se convainquant soi-même que c'est non seulement souhaitable mais possible, puis d'en convaincre d'autres. [Quand, avant 1936, on parlait de congés payés, beaucoup répondait qu'il était inconcevable que des patrons paient des employés en vacances.... pourtant... ils ont été assez nombreux à penser que c'était possible pour l'imposer.] L'idée est en marche : prochaine votation sur le sujet en Suisse, des élections en Finlande ont placé en majorité un parti favorable au revenu de base, le parti Podemos, en Espagne, le propose, ...

Un tour de table pour répondre à la question "que feriez-vous si vous aviez un revenu de base ?" montre que la majorité continuerait à vivre de la même façon avec seulement un sentiment de liberté d'avoir plus de temps pour s'occuper de sa famille, voyager, faire des activités ludiques.... personne n'a dit "je n'irai plus jamais travailler". Rassurons-nous : le revenu de base ne provoquera donc pas un arrêt total des activités salariales.

Comme d'habitude, le débat s'est terminé par des annonces de conférences, débats, manifestations diverses à noter dans les agendas de chacun. RV le 6 juin prochain à 6h de l'AM.

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